La sensation que je garde de New York reste très particulière. Ces cinq premiers jours passés là-bas étaient très intenses ; un mélange d’excitation et d’extrême fatigue : des journées entières à arpenter la ville sans relâche, jusqu’à l’épuisement !

 

Premier choc en sortant de l’aéroport : cette chaleur humide ! J’avais l’impression de me retrouver en Indonésie, avec quelques degrés en moins. Cette atmosphère n’est pas très reposante la nuit. Pourtant après 5h de sommeil, impossible de dormir plus longtemps, j’ai les yeux grands ouverts et on s’imprègne très vite du rythme effréné de la ville.

 

 

 

J’ai décidé d’entamer cette première journée avec un seul but : aller acheter du matériel vidéo et audio chez B&H, la Mecque du matos, ou plutôt la Synagogue car le lieu est géré quasi exclusivement par des juifs. Je me suis arrêté à trois arrêts de métro du magasin, pour marcher un peu. Deuxième claque : l’immensité de la ville, j’ai mis plus d’une heure pour rejoindre le magasin ! On s’en rend pas compte sur le moment tellement le chemin est dingue à faire, mais plutôt en découvrant ses cloques le soir.

 

 

C’est un gros choc culturel dès le premier jour. On est tous hyper imprégnés de la culture américaine avec ses films, sa musique et la bouffe. On croit connaitre et se sentir finalement assez proches de la culture américaine. Pourtant je me suis senti autant dépaysé en arrivant ici que lors de mes précédents voyages en Asie ou au Moyen Orient ! Tout est plus grand, plus haut, plus gras, plus coloré, plus bruyant. Ça en est presque inhumain et c’est vertigineux au début. On s’y fait petit à petit. La bonne humeur des gens et leur serviabilité, que se soit les passants dans la rue et les commerçants est hyper agréable. Leur aisance relationnelle en est presque déstabilisante ; la première fois qu’un épicier m’a demandé comment s’était passé ma journée et ce que j’avais prévu demain, j’ai balbutié un truc incompréhensible. C’est vrai, est-ce que ça vous est déjà arrivé ne serait-ce qu’une fois à Paris ?!

 

 

Je suis rentré épuisé de la première journée, bien qu’incapable de m’arrêter avant 22h tellement il y a de choses à découvrir. Je crois que les gens ont presque un peu de pitié pour moi tellement j’ai l’air crevé! Je reprends le métro pour Bedford-Stuyvesant, le quartier de Brooklyn dans lequel j’ai pris un Airbnb. Je suis à quelques mètres de ma rue lorsque j’entends de la musique résonner dans tout le quartier : batterie, orgue électronique hyper dramatique et basse. On dirait un concert de post-rock. Je m’empresse d’aller voir les gars postés devant la salle, et je leur demande si je peux voir le concert… les mecs se sont bien marrés car c’était en fait une cérémonie religieuse ! Ils m’ont laissé rentrer pour regarder du fond de la salle. Ce que j’ai vu ce soir là était aussi puissant que ma découverte de New York. Des centaines de renois dans une atmosphère suffocante en train pleurer, chanter, crier, danser. C’était une sorte de chaos magnifique, un exutoire puissant car hebdomadaire et ritualisé. Leurs attitudes étaient à la fois théâtrales et en même temps très libres. Je suis resté la bouche grande ouverte pendant 30 minutes, les larmes aux yeux, n’étant pourtant ni croyant, ni chrétien. La puissance de leur communion m’a touché instantanément. Je n’ai pas osé filmé par crainte de briser l’atmosphère. J’ai juste enregistré un peu de son.

 

 

Ces 5 jours à New York ont été accompagnés par la musique. Elle est partout dans les rues. Le lendemain soir, je rejoins Lenny Reece, un batteur Jazz / Hip-hop dont la technique et la musicalité est assez dingue. Petit extrait de sa jam session à Arlene’s Grocery ci dessous !

 

 

Les journées s’enchainent avec un stop dans le quartier Porto Ricain du Bronx, puis Harlem : l’ambiance est très joyeuse, il y a pas mal de vendeurs ambulants de Bootlegs de Funk, Jazz et Hip-Hop gravés et imprimés maison. Je fais un stop à un concert en plein air de rap. Il y a 30 personnes dans le public sur une place qui pourrait en accueillir 500. Les mecs sur scène n’en ont rien à faire et foutent le feu comme si le public était à leur pied. Je crois que c’est ça aussi les Etats-Unis. Les mecs se donnent à fond et n’attendent pas qu’on les acclame.

 

 
 

 

Je termine mon séjour à NY par une petite journée à Williamsburg, le quartier hipster où l’on peut manger vegan et gluten free puis aller chez un Barbier et chiner quelques vieux objets. Cliché mais l’ambiance est beaucoup plus détendue qu’à New York, les batiments ne font que 4 étages, c’est très agréable. Tellement agréable que les loyers sont maintenant aussi chers qu’à Manhattan ! On peut voir aussi des fresques assez dingues. Je quitte New York avec une frustration énorme, j’ai l’impression d’avoir vu si peu de choses. Cette ville mérite clairement de s’y arrêter plus longtemps, mais tout coûte si cher !

 

 

Next stop : Detroit ! J’ai entendu un paquet de trucs hyper différents sur cette ville : son immensité et sa faible démographie, ses maisons et usines abandonnées, sa scène artistique loufoque et la criminalité. On va voir ce que ça donne !