Chicago, troisième stop de mon voyage. Dans le bus entre Détroit et Chicago, je lis deux trois trucs sur la ville. L’origine du nom est assez marrante. A la base, la région était peuplée par les amérindiens Potawatomis qui avaient nommé le lieu Sikaakwa. Puis les français l’ont adapté, et c’est devenu Chécagou, qui veut dire au choix « oignon sauvage ». La ville étant construite sur un marécage, il y avait à l’origine une odeur assez horrible dans le coin. La ville prit progressivement le nom de Chicago. C’est drôle cette origine peu ragoûtante, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, le nom de cette ville, Chicago, dégage quelque chose d’assez classe, puissant… bref !

 

Dès mon arrivée je fais la rencontre de Mark, mon couchsurfer. C’est lui qui m’a proposé de m’héberger chez lui, bon esprit ! Mark a 38 ans, il est philippin. Il a débarqué il y à 9 ans à Chicago pour les vacances et il n’est jamais reparti. Il a maintenant une bonne situation mais il attend depuis plus de 2 ans sa green card afin de s’installer sur la durée.

 

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On arrive chez lui, il me prévient que d’habitude il n’héberge qu’un couchsurfer car son appartement n’est pas immense. Il avait déjà prévu d’héberger un hongrois le même soir, mais tant pis, il fait les choses au feeling. A peine arrivé, il me propose de diner chez lui un plat typiquement philippin, une sorte de pot au feu à la banane plantain et au maïs : une tuerie. On m’avait dit qu’à Chicago l’ambiance est très détendue et les gens ouverts, je ne peux pas dire le contraire.

 

 

Le lendemain je pars à la découverte de la ville. On dirait une version plus petite de New York : les gratte-ciels sont tout aussi impressionnants mais la ville est plus aérée, et l’on peut apprécier les monuments grace aux perspectives de certaines rues.

 

 

La beauté de cette ville, c’est aussi son vieux métro aérien qui traverse les rues : le métro apparait entre deux buildings et disparait quelques secondes après. Et puis la Chicago River qui traverse tout la ville et ses dizaines de ponts en metal, ça a un charme fou.

 

 

 

On sent aussi l’effort de la municipalité pour créer des lieux de vie en plein centre. Il y a notamment la crown fountain, une installation artistique / fontaine qui permet aux gamins de jouer l’été pendant les fortes chaleurs. Tout autour, il y a le millenium park : c’est un peu comme le Parc de la Villette, en plus beau, plus grand, et en plein coeur de la ville.

 

 

 

 

 

Le même jour, je rejoins Paul un ami de l’école, qui est lui aussi en road trip aux Etats-Unis. Il habite a Montréal et il a acheté une Toyota décapotable pour l’occasion. Il est accompagné de deux étranges personnages rencontrés sur le chemin. Tom et Pierre sont musiciens. Ils sont ici pour conquérir l’Amérique avec leur Rock’n’roll français. Ils se font appeler Les Sharlones : je n’ai jamais entendu parler d’eux en France. Mais c’est pas bien grave, les types sont marrants !

 

 

 

Les 3 compères sont sans abris à Chicago, je demande donc à Mark s’il est d’accord pour les héberger. On se retrouve donc à 6 chez lui pour 4 jours !  On arrive chez lui le soir, et on découvre Mark en train de préparer une sauce béchamel, en fumant sa chicha, en toute décontraction.

 

 

Mark nous fait découvrir les clubs de Jazz de Chicago. On va au Kingston Mines, le club est blindé. Il y a deux salles, dans lesquelles deux groupes se relaient pendant toute la nuit. La population est hyper variée en terme d’ages et de CSP. Ici le Jazz est vraiment quelque chose de populaire au sens premier du terme. Les gens sont juste là pour écouter de la bonne musique et sûrement pas pour se montrer. On passe une excellente soirée dans une ambiance super chaleureuse.

 

 

Je me prends d’amitié pour Pierre et Tom qui veulent préparer leur tournée à Memphis et Nashville. Je n’ai pas encore entendu un seul de leurs morceaux puisqu’ils n’ont aucun instrument avec eux. Ils tiennent a tout prix à acheter une guitare et un harmonica, et des tenues de scènes à Chicago. Nous voilà partis à la recherche de tout ça. J’ai de plus en plus envie de filmer leur délire, je crois qu’il y aurait des choses à faire autour de cette tournée.

 

 

Chicago regorge de fripperies, c’est hallucinant, et à des prix défiant toute concurrence. Salvation Army, l’équivalent de la Croix Rouge, et Village Discount Store dominent le marché. Voilà les Sharlones habillés. Ils ont trouvé une petite guitare Yamaha entrée de gamme un peu naze, mais qui dépanne, et surtout elle a une gueule sympa. Je commence petit à petit à les filmer. Je crois que ça flatte leur égo.

 

 

Prochain stop : Memphis. 8h de route à bord de la Toyota décapotable. Les Sharlones me gavent avec cette ville, j’ai hate qu’on arrive !